Sunday Record : Arcade Fire – Funeral

Le rock est souvent fait d’influences digérées, d’expériences renouvelées, de recettes sur lesquelles chaque artiste saupoudre son ingrédient secret, celui grâce auquel il aura droit à la postérité, le talent qui le différenciera des autres. Un groupe va pourtant secouer 2005, la tendance revival 60’s des années 2000 essouflée, ses Strokes et ses Libertines battant de l’aile : la musique luxuriante d’Arcade Fire flirte à nouveau avec le risque en nous emmenant dans des contrées inexplorées, perturbe nos repères pour nous rappeler l’excitation de l’inconnu.


Des funérailles, parfois il en faut pour tourner une page : on ne sait où placer celles qu’Arcade Fire nous propose avec Funeral. En grandes pompes, c’est indéniable, pour un groupe qui réunit jusqu’à 12 personnes sur scène et mélange sans complexe les standards guitare/batterie aux cordes et cuivres, n’hésitant pas à jouer des instruments traditionnels… Pourtant d’un bout à l’autre, un halo d’intimité entoure l’album, qu’on croit adressé à une personne, cernée par la musique du groupe, comme pour la remplir du courage dont transpire chaque titre.

Avec les 4 titres composant la suite Neighborhood, le groupe nous force à quitter notre voisinage, notre entourage, notre famille. Il nous propose de tourner le dos au passé, de trouver le bon compagnon de voyage et de partir explorer l’étrange monde qui nous entoure. La voix de Win Butler, toujours sur le fil, conte les aventures d’un frère parti, de ténèbres à illuminer : il cherche son chemin et nous exhorte à faire de même.

L’illumination arrive sur Wake Up, véritable bijou, de ces chansons qui vous pénètrent, saisissent le moindre centimètre de l’épine dorsale, celles pour lesquelles l’évolution a jugé bon de conserver les petits poils qu’on a dans le bas de la nuque. Des choeurs d’entrée, rythmés par une batterie martiale au final sautillant entremêlant violons, xylophone, accordéon, guitare et percussions, la tension ne redescend jamais avant la dernière seconde et son violon libérateur.

Après ce réveil, Arcade Fire, libéré, nous emmène avec lui vers sa rébellion sur le titre du même nom : plus rien n’arrête la machine et porté par le morceau, on serait prêt à faire face au monde entier, persuadé que rien ne pourrait nous arriver. C’est épuisé mais ravi, l’esprit libre, angoisses et peurs réduites au silence qu’on se laisse s’endormir In the back seat, le titre clôt l’album en nous faisant comprendre que le voyage ne fait que commencer, que les funérailles ne sont que le début…

Arcade Fire travaille actuellement sur son 3ème album, qui devrait sortir au deuxième semestre 2010. Win Butler et Régine Chassagne ont travaillé en 2009 sur la BO du dernier film de Richard Kelly, The Box, avec Owen Pallet, qui officiait au violon lors de la tournée du groupe, et qui vient de sortir son magnifique Heartland chez Domino.

Funeral est sorti en Europe le 28 février 2005 sur Rough Trade.

http://www.myspace.com/arcadefireofficial

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