The Drums, Oh No Ono & Slow Club @ La Maroquinerie – 25/02/2010

L’Indie Club des Inrockuptibles avait lieu comme tous les mois hier soir à la Maroquinerie (20ème). Pour l’édition février 2010, la petite salle remplie à bloc accueillait le folk joyeux du duo Slow Club, la pop psyché et grandiloquente des dannois de Oh No Ono et la surf-music sous la pluie des new-yorkais de The Drums.

Le Slow Club est très fermé, et il n’est pas dit que le duo Charles Watson et Rebecca Taylor laisse un jour un troisième membre les rejoindre dans leurs promenades folk bricolo. Lui à la guitare, elle à la caisse claire comme unique pièce de batterie, les deux compères enchainent les compositions douces amères de Yeah So, leur album sorti en 2009, tout intimidés devant une salle conquise par leur bonne humeur communicative. Influencés par le DIY des Moldy Peaches et un certain côté revival hippie, ils jouent des harmonies à deux voix et du sucré-salé entre la zooey-esque Rebecca et la nonchalance de Watson, « grand dadet sympa » typique.

« Yeah So » sorti en juillet 2009 chez Moshi Moshi.

www.myspace.com/slowclub

Avec leur 2 albums et leur 7 années d’expérience, Oh No Ono faisaient figure de doyens de la soirée et venaient défendre Eggs, leur deuxième album sorti en janvier 2010.

La scène devient autrement plus chargée : à 5 et entourés de leurs machines, les dannois annoncent la couleur et préparent la salle à leur musique complexe et syncopée. Mélangeant 3 ou 4 voix, n’hésitant pas à rompre les mélodies et à suivre des progressions inattendues, leur musique est parfois difficile à suivre pour le néophyte. On se demande parfois si on n’assiste pas aux expérimentations d’un groupe qui aurait voulu caser plusieurs démos dans une  chanson, et pourtant l’ensemble reste efficace grâce au charisme et à l’énergie des frontmen.

Alternant nouveaux titres et anciennes compositions plus dansantes, le groupe peine parfois à s’amener le soutien du public, malgré les efforts du batteur Nicolai Koch, qui n’hésite pas à jouer debout et à arranguer l’audience pour réchauffer l’ambiance, pourtant déjà à haute température dans cette petite salle bien remplie. En guise de rappel, une reprise de Weird Fishes de Radiohead à coup d’arpeggiator distordu et de final noisy et une composition plus conventionnelle et catchy, l’efficace Miss Miss Moss. Le groupe quitte la scène sous les applaudissements d’un public qui soutient l’effort.

Setlist :

Eleonor Speaks

Icicles

Helplessly Young

The Wave Ballet

Am I Right ?

Swim

The Tea Party

Internet Warriors

Weird Fishes

Miss Miss Moss

Eggs, paru le 15 février chez Leaf Records

http://www.myspace.com/ohnoono

Enfin, les techniciens installent la batterie au premier plan, la température monte encore d’un cran, le public se resserre et The Drums viennent offrir leur mélange de surf-music et de new-wave à une Maroquinerie qui montre bien pour qui elle s’est remplie ce soir.

Attaquant avec Tears, le groupe joue sans fioritures (Patrick n’était pas là) et profite de la place au soleil que le réussi Summertime! lui a offert cette année : Jonathan Pierce chante ses hymnes adolescents habité par une transe robotique et rappelle un Ian Curtis psychotique tandis que Jacob Graham joue au guitariste monté sur ressorts, et ne s’arrête plus de bondir, surtout quand il se déleste de sa guitare pour jouer du tambourin sur Best Friends.

Accords plaqués sous reverb, petits riffs secs, batterie lourde, les schizophrènes Drums nous balladent toujours entre Los Angeles et Manchester et si les paroles parlent de surf et de filles, c’est plutôt rupture que sable chaud.

Ultra-efficace, à part un petit cafouillage qui nous prive d’une nouvelle chanson (Book of Stories nous annonçait la setlist), le groupe enchaine ses titres d’une traite et ne fait pas dans la communication : entre perles (Don’t be a jerk, Johnny) et ultra-single (Let’s go surfing), la fin du set déboule sans crier gare et le groupe s’efface en coulisses, plébiscité par le public qui a redécouvert ses jambes et l’odeur de la sueur.

Les 4 américains réapparaissent pour un rappel entamé par le calme Down by the water, qui réintroduit une certaine intimité dans la salle, lumières basses et public au repos. Alors que Connor Hanwick, derrière les fûts, ré-enfile son improbable polaire, à une température ambiante proche de 25°, le groupe entame son final sur Forever et quitte pour de bon la salle, « parce qu’ils ne connaissent pas d’autres chansons » explique Pierce. Le public est râvi d’avoir pu goûter à leur énergie et n’attend qu’une chose, qu’ils en écrivent d’autres.

Setlist :

Tears

Best Frieds

Submarine

I Felt Stupid

Make You Mine

Skip In Town

Don’t Be A Jerk, Johnny

Moon

Let’s Go Surfing

——————————–

Down By The Water

Forever

Summertime!, paru chez Moshi Moshi en août 2009

http://www.myspace.com/thedrumsforever

Crédits Photos : Jean-Philippe Régnier.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s