Broken Bells, Joker’s Daughter @ Nouveau Casino – 01/03/2010

Bien qu’annoncé tardivement, le concert de Broken Bells, duo formé par le leader des Shins James Mercer et le producteur de renom DangerMouse était complet hier soir au Nouveau Casino. Venus présenter leur album éponyme à sortir le 9 mars sur Domino, le groupe a peiné à convaincre, malgré quelques titres solides dont les versions studio étaient plus que prometteuses. Manque de proximité et de sincérité ont pesé sur ce deuxième concert de leur carrière. Pour ouvrir la soirée, le rock influencé par le folklore grec de Joker’s Daughter.


La fille du Joker en question, c’est Helena Costas, une londonienne d’origine grecque qui entrentient depuis 2003 une correspondance avec DangerMouse,  correspondance qui a mené à l’enregistrement des compositions de cette multi-instrumentiste sous la houlette du producteur. Cette collaboration l’a amené à ouvrir ce soir pour la nouvelle formation de Brian Burton. On connaissait éclectisme du producteur, mais ce joyeux mélange de musique traditionnelle grecque, de pop et de groove est pour le moins surprenant.

La petite chanteuse a l’air intimidée mais n’en perd pas moins sa sympathie et se fend de quelques explications loufoques de titres comme The Running Goblin ou Jelly Belly. Pour autant, l’ensemble n’est pas toujours digeste et se perd parfois dans les forêts enchantées et les réunions druidiques dont s’est apparemment inspirée Costas ! Malgré tout, il faut reconnaître une réelle efficacité aux titres plus conventionnels comme Under the Influence of Jaffa Cakes.

 

Setlist :

Worm’s Head

Jessie The Goat

Jelly Belly

Go Walking

The Running Goblin

The Bull Bites Back

Nothing Is Ever As It Seems

Lucid

Under The Influence Of Jaffa Cakes

« The Last Laugh », sorti le 15 juin 2009 sur Double-Six (Domino).

http://www.myspace.com/jokersdaughter

 

 

L’intimité de la scène de Joker’s Daughter laisse place aux montagnes de matériel de Broken Bells. Trois claviers, de vastes pédaliers d’effets, des boites à rythme autour de l’imposante batterie, conformément à ce qu’on a pu entendre sur les versions studio, la musique de Broken Bells est riche en arrangements et effets en tout genre : on reconnait là la patte de DangerMouse, dont le travail est caractéristique, qu’on écoute Gorillaz, Gnarls Barkley ou sa collaboration avec Sparklehorse sur Dark Night of the Soul l’an dernier.

Le public s’impatiente devant une mise en place pratiquement aussi longue que la première partie, mais vers 21h les lumières s’éteignent, le groupe entre en scène et entame le concert avec les premiers titres qui les ont révélés, The High Road et Vaporize, mix parfait entre la pop gentille des Shins de Mercer et les claviers modulés et la basse lourde de DangerMouse. Pour un deuxième concert, après Los Angeles le 22 février, le groupe est en place, les balances sont parfaites et on distingue parfaitement chaque instrument et le traitement qu’il reçoit,  un régal sonore. « Comme sur le disque », malheureusement.

C’est là que le groupe pêche : la prestation est excellente, propre, fidèle au travail d’orfèvre des deux artistes, et on peut déjà parier que le disque sera excellent (les titres en écoute sur le myspace du groupe le confirment), malheureusement, ce soir on assiste à une écoute vivante de leur production, mais rien ne va plus loin. Burton reste discret derrière sa batterie et ne lachera pas un mot de la soirée, et même quand il s’avance sur le devant de la scène pour prendre le clavier sur une reprise de Neil Young, la jolie Don’t Let it Bring You Down, c’est la tête basse et sans un mot qu’il s’empresse de repartir derrière ses fûts dès la chanson terminée. Mercer ne fera pas preuve de loquacité lui non plus, rappelant simplement que le groupe joue ce soir son deuxième concert.

On a pourtant du mal à croire à la timidité qu’il affiche, lui dont les Shins ont parcouru les Etats Unis et vendu leurs albums par wagons entiers. Certes réputé pour ne jamais être très à l’aise en live, Mercer affiche une mine de chien battu qui ne sert pas du tout la prestation, et qui, alliée à la tendance mid et low tempo des compositions, donne parfois l’impression d’un profond ennui ressenti, qui déteint sur la formation qui regroupe tout de même jusqu’à 7 personnes sur la petite scène de cette salle.

Tout au plus, les deux têtes pensantes échangent parfois un sourire, parfois un mot à l’oreille, mais jamais ne nous feront partager leurs impressions sur le concert ou sur l’accueil, de moins en moins chaleureux à mesure que le temps passe, que le public lui réserve ce soir là. En guise de final, une reprise du tube de 1968 Crimson and Clover par Tommy James and the Shondells réhausse un peu la prestation fadasse d’un groupe dont on attendait beaucoup, qu’on appréciera tout de même en studio, mais dont les prestations ne feront pas date.

Setlist :

The High Road

Vaporize

Your Head is on Fire

The Ghost Inside

Sailing to Nowhere

Trap Doors

Citizen

Mongrel Heart

October

The Mall and Misery

——————————-

Don’t Let It Bring You Down

Crimson & Clover

Broken Bells,  à sortir le 9 mars sur Domino.

http://www.myspace.com/brokenbells

Crédits Photos : Jean-Philippe Régnier

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2 réponses à “Broken Bells, Joker’s Daughter @ Nouveau Casino – 01/03/2010

  1. Pingback: The Soft Pack, The Parisians @ Nouveau Casino – 04/03/2010 « Correct It

  2. Pingback: Adam Green @ L’Alhambra – 08/03/2010 « Correct It

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