The Album Leaf @ Maroquinerie – 19/03/2010

Temps de vol : 1h25. La musique de The Album Leaf est atmosphérique, elle vous porte sur un doux coussin cotonneux et vous enlace d’une chaleur réconfortante… Certes, au fil des albums, le projet de Jimmy LaValle devient à chaque fois un peu plus prévisible : le dernier en date, « A Chorus of Storytellers », n’est pas mauvais, mais ne sort pas des sentiers battus depuis 10 ans par le multi-instrumentiste, à savoir un post-rock instrumental centré sur un clavier Rhodes chaleureux et des beats électroniques. C’est en live que la musique prend toute sa dimension, en dévoilant la chaleur et la puissance qu’on devine retenues sur les enregistrements studio, et ce malgré la timidité déconcertante du groupe. Hier soir, The Album Leaf n’est pas sorti de sa cabine de pilotage mais a fait planer la Maroquinerie à très haute altitude.

The Album Leaf, c’est Jimmy LaValle, un multi-instrumentiste de talent, au moins, de génie, parfois, originaire de San Diego. Dans ses jeunes années, LaValle a ainsi fait partie de nombreuses formations qui ont marqué de leurs rangers coquées la scène punk hardcore de la ville, très vivace dans les années 90, comme The Locust ou  Swing Kids, ou les plus calmes Black Heart Procession dont nous parlaient The Soft Pack il y a 2 semaines. Puis, de ses propres mots, LaValle a « mûri » et a laissé derrière lui la scène punk pour se consacrer à plein temps à ce qui n’était qu’au départ qu’un side-project solo, The Album Leaf. Révélé par Sigur Ros, avec qui il a enregistré son plus bel album à ce jour, In a safe place, The Album Leaf remplit depuis des petites salles, fort d’un noyau dur de fans prêts à se laisser planer sur les courants d’air chaud semés par LaValle et son tour band.

Installés sur une scène éclairée par de fins tubes lumineux qui rappellent dans une version plus modeste les équipements de Radiohead, LaValle et son groupe ne quitteront pas la pénombre de toute la durée du set. Ambiance tamisée, clavier chaleureux, voix lointaine et reverb à outrance, tout est fait pour créer autour de la musique de The Album Leaf un univers propice à l’évasion. Alors que les Californiens entament la soirée avec les 5 premiers morceaux du dernier album, le sol de la Maroquinerie se soulage peu à peu du poids de son public, sage et silencieux, ondulant lentement au rythme des beats syncopés. Il faudra attendre le troisième titre pour que le chant sorte des frontières du soupir et s’affirme sur There is a wind, qui sera l’un des meilleurs morceaux de la soirée, comme de l’album.

Spécialement pour cette date française, le groupe s’est équipé d’un quatuor de cordes en renfort du violoniste habituel, et l’ensemble gagne en puissance et en présence. Attendant les signaux du leader pour lancer leurs parties, visiblement peu habitués à des scènes de ce genre, les 4 musiciens font preuve d’une précision impressionante et on a du mal à se demander comment le groupe fait sans les autres soirs. Alternant les titres récents (Until the last) ou anciens (Outer Banks), le groupe meuble à peine ses transitions de phrases hésitantes de son leader, rongé par la timidité, et qui préfère dans ce cas lancer tout de suite le morceau suivant. Même si leur musique ne se prête pas à de longs intermèdes, qui nuiraient à l’ambiance générale, les phrases bateaux trop entendues génèrent une certaine frustration… Qu’importe, elles ne nous ramènent pas sur terre et c’est tout ce qu’on leur demande.

Après une quinzaine de titres, le groupe se retire en coulisses avant un premier rappel. L’occasion de remarquer que tout se ressemble un peu dans la musique de The Album Leaf, et ce ne sont pas les 4 morceaux joués en rappel qui effaceront cette idée : les pistes paraissent interchangeables et l’architecture des morceaux est souvent similaire. Pour autant, on ressort de ce concert étonnamment fatigué, en se rendant compte que le rythme cardiaque s’est accéléré à de nombreuses reprises. The Album Leaf pourra enregistrer encore 5 albums supplémentaires sur la même recette, tant qu’ils sauront transmettre en live l’énergie que l’apparente douceur des compositions cache, chacun d’eux sera justifié !

Setlist :

Perro

Blank Page

There Is A Wind

Within Dreams

Falling From The Sun

Stand Still

2214

Outer Banks

Shine

Until The Last

We Are

Vermillion

Almost There

Wherever I Go

————————-

On Your Way

Always For You

Red Eyes

Tied Knots

« A Chorus of Storytellers », sorti le 8 février chez SubPop.

http://www.myspace.com/thealbumleaf

Crédits Photo : Jean-Philippe Régnier

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