BloodShot Bill, Heavy Trash @ Maroquinerie, 20/03/2010

Retrouvez la chronique du concert donné par Jon Spencer et son Heavy Trash sur Rock-Times !


Pour amorcer le retour dans les 50’s, BloodShot Bill et son scat-rockabilly. Sortez la gomina.


Il en est banni pour 5 ans, et pourtant, s’il y a bien un pays qui colle à la peau de BloodShot Bill, ce sont les Etats-Unis. On rêverait, pour le folklore, de croiser ce phénomène au fond d’un bouge crasseux, après 700 km avalés dans une Ford sous le cagnard du far-west. On n’aurait pu rêver meilleure première partie à la machine à remonter le temps Heavy Trash que cet ovni…

BloodShot Bill. Le nom ne parle pas à grand monde ce soir. « C’est un des artistes préférés de Jon Spencer… » nous dit-on. Jon Spencer a donc des artistes préférés encore en vie ? Les lumières s’éteignent et voilà qu’arrive seul sur scène, en pyjama et robe de chambre, Bill. Avec sa dégaine d’évadé d’asile, schizophrène qui se prendrait pour Presley post-déchéance, BB s’installe sur une vieille chaise branlante et rafistolée et une fois la bûche qui lui sert de guitare branchée dans le petit ampli buzzant sur le côté de la scène, plus une seconde pendant les 45 minutes de show qui vont suivre, le Canadien n’aura l’air humain.

Bill sue, grogne, vocifère, crache… Sa voix glisse sur une lame de rasoir d’un râle rauque et suggestif à la plainte stridente du cochon qu’on égorge. On l’avait vu pourtant, accoudé au bar, avant le début du concert… Un lonesome cowboy aux allures d’idiot du village. Il souriait à tout le monde et son rire caverneux atteignait le moindre recoin de la salle sans effort. On était à mille lieues d’imaginer que derrière ce joyeux bougre se cachait un tel marais de bas instincts et de rock’n’roll. Oscillant entre le rockabilly, la country, le garage, la musique de BloodShot Bill fait honneur à l’héritage d’Hasil Adkins ou de Link Wray, tout en riffs incisifs et en solo bluesy, laissant parfois la place à des rythmiques syncopées ponctuées de paroles chevrotantes qui sont autant d’incitation à la débauche ou de grognements gutturaux, quand le Bill ne sait lui même plus vraiment s’exprimer par des mots. La folie qui danse dans ses yeux est captivante, la bestialité primaire de son rockabilly de gouttière est saisissante. Alors que son set commence sous les yeux ébahis d’une dizaine de personnes interloqués, il finit ayant conquis une salle prête à sortir les colts pour tirer au plafond. Bloodshot Bill joue la bande originale d’une bagarre de saloon.

Heavy Trash :

BloodShot Bill et Heavy Trash nous assène le coup de grâce dans un final apocalyptique :

http://www.myspace.com/bloodshotbill

http://www.myspace.com/heavytrash

Crédits Photos : Jean-Philippe Régnier

Merci à Céline et Rock Times pour l’invitation, à bientôt !

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