BeatMark, The Strange Boys @ Point Ephémère – 08/04/2010

Moins d’un an a séparé la sortie du second album des Strange Boys, Be Brave, en janvier, de celle de The Strange Boys and Girls Club, première livraison du groupe, en mars 2009. Le groupe a passé ces quelques mois la tête dans le guidon, à écumer salles et festivals, avec un passage remarqué à la Mécanique Ondulatoire en juillet dernier, avant de rentrer en studio en septembre, dès son retour et sans se donner une seconde de répit. Ce deuxième concert français était le coup d’envoi d’une mini-tournée européenne qui leur permettra de prendre la température avant une tournée de plus grande envergure cet été. Ce soir là, c’était chaud ! Malheureusement, ça n’est pas aux Français de Beat Mark, qui ouvraient jeudi, qu’on doit le succès de la soirée : prometteur sur le papier, leur rock psychédélique manque de sincérité et sonne aujourd’hui bien trop prétentieux.



Beat Mark

Les influences qu’on retrouve dans la musique de Beat Mark sont vastes : leurs chansons évoquent autant des Beach Boys que des Stooges, autant du Velvet que des Cure. Malheureusement, entre assumer un héritage et lui faire honneur, il y a un pas que les cinq parisiens n’ont pas franchi jeudi soir. Il ne suffit pas de l’attitude légèrement freak d’un chanteur caché derrière sa mèche et de la moue un peu blasée de sa partenaire pour tenir une scène et malgré un duo basse/batterie efficace et une guitare inventive, Beat Mark peine à convaincre. Le chant, à la limite du parler, manque de personnalité,  quant aux choeur féminins, ils ne frôlent qu’à peine la justesse. Certes, de Bardot à Nico, l’Histoire nous a montré qu’il n’était pas nécessaire de chanter juste pour séduire l’oreille, mais ce soir, impossible de s’y faire : le groupe donne l’impression,  contagieuse, de se faire chier.

On ne doute pas que Beat Mark n’était pas au mieux de sa forme jeudi soir au Point Ephémère : balances et retours n’ont apparemment pas servi le groupe, qui n’a pas fait preuve d’une très grande aisance pendant ses 40 minutes de set. Pourtant, certains titres sont réellement bien construits (l’ouverture sur Breeezing! était prometteuse) et le chant gagne en puissance et en présence quand il s’aventure dans les aigus, où le mimétisme avec Robert Smith est frappant : à l’écoute de ce concert, c’est clairement la direction qu’on aimerait les entendre adopter plus souvent. En appuyant sur ses points forts et en abandonnant une attitude qui ne colle pas à ses prétentions, Beat Mark pourrait à coup sûr devenir une formation prometteuse : vu le traitement réservé à une belle date pour un groupe de cette trempe, on reste dubitatif.


http://www.myspace.com/beatmark

The Strange Boys

Un Point Ephémère plein à craquer et chauffé à blanc attendait les Strange Boys, qui ont débarqué comme un anachronisme devant ce public bardé d’Iphone et d’appareils photo numériques : avec leur garage pure veine sorti droit des 60’s, les nouveaux chouchous de Rough Trade, réduits ce soir là à quatre (la saxophoniste, Jenna Thornhill, était restée au pays pour se marier) ne sont pas là pour innover. Le pedalboard, réduit à sa plus simple expression, ne compte qu’une overdrive, un accordeur -utilisé malheureusement à outrance, parfois au détriment du rythme et des enchainements- et, comble de l’extravagance, un tremolo, les lumières oscillent sans fioritures, les garçons ne s’épanchent pas en babillages entre les chansons : pas de show à l’américaine ce soir là pour les Texans, il s’agit de jouer vite et bien, et c’est ce qu’ils ont fait.

Après un jam de 30 secondes le temps d’un (premier) accordage, puis un départ sur les chapeaux de roues sur Night Might, Ryan Sambol s’assure sur une boutade que les balances sont bien faites : bonne idée qui permet au public de faire remarquer que la voix est complétement inaudible. Malgré les réglages, cela restera le cas pendant une grande partie du concert. Chanson après chanson, on peine à entendre le timbre éraillé du chanteur qui s’obstine à monter le volume de son ampli après chaque chanson. Moins branleurs qu’ils n’y paraissent, les Strange Boys restent néanmoins parfois un peu brouillon et multiplient les faux départs. L’ensemble est néanmoins diablement efficace : le public connait sur le bout des doigts tous les titres, qu’ils soient issus du second comme du premier album et remue énergiquement sur le single Be Brave ou l’hyper bluesy Should Have Shot Paul. Le groupe colle des rythmiques ternaires sur toutes ses intros, les solos se déroulent, bien plus méchants que sur les enregistrements studios, les choeurs résonnent, on est dans le pur garage influencé par le rythm’n’blues du début des 60’s.

Après une heure de set rock’n’roll, le groupe quitte la scène, visiblement sans l’intention de venir jouer un rappel, mais sous les taquineries de ses acolytes, Ryan revient au micro et se fait rejoindre pour finir sur You Can’t Only Love When You Want. Visiblement ravi de l’effet produit ce soir, eux qui paraissaient peu sereins en coulisses plus tôt dans la journée et qui ignoraient tout de l’accueil qu’on leur réserverait annoncent sous les applaudissements d’un public qui a sué qu’ils seront de retour en juin pour une nouvelle date parisienne : on y sera, ça ne fait aucun doute.

http://www.myspace.com/thestrangeboys

Merci à Sebastien !

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