The Brian Jonestown Massacre @ Bataclan – 27/04/2010

Who Killed Anton Newcombe ? The Brian Jonestown Massacre, groupe mythique de la scène neo-psyche révélé au grand public par le documentaire Dig! était de passage le 27 avril dernier au Bataclan. Alors que le groupe a entamé sur ses albums un virage radical vers un drone qui tient plus du mantra hypnotique que des brûlots folk-rock qui ont fait son succès, sur scène, Anton et sa bande ne prennent aucun risque et déroulent une setlist best-of. Résultat, si les morceaux ont (pour une fois !) été joués proprement, le groupe a également brillé par une monotonie déconcertante. A l’arrivée, un public trop facilement satisfait et des questions.


On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec le Brian Jonestown Massacre. Groupe fantasmé par beaucoup, ses prestations françaises n’ont jamais vraiment été à la hauteur de la légende et le concert du 27 avril aurait pu être un de ces nouveaux gâchis pendant lequel Anton, planant à plusieurs kilomètres au dessus de la scène, aurait joué de sa guitare désaccordée comme des nerfs des autres membres du groupe, irascible et taciturne. Peut-être aurait-on pu aussi assister à une de ces prestations dont le net fait écho depuis un an, d’un Brian Jonestown Massacre flamboyant, de retour d’une traversée du désert salvatrice à l’issue de laquelle la sobriété retrouvée de Newcombe et le retour de Matt Hollywood ont soufflé sur les braises qui couvaient sous les excès du chanteur. Les plus fous ont même rêvé d’un concert qui aurait mélangé les dernières expérimentations islandaises de « Who Killed Sgt Pepper ? » aux pépites de « Give It Back » et achevé de graver dans le marbre « The Brian Jonestown Massacre keeps music evil… »

Malheureusement, ça ne sera pas Janus mais bien un BJM en moyenne forme et tourné vers le passé sans risquer une seule œillade vers les années 2000 qui s’offrira à nous. Quand les lumières s’éteignent et que le lancinant bourdon de Super-Sonic électrise l’ambiance, la chair de poule nous parcourt l’échine, forcément, mais on ne peut s’empêcher d’être déçu : pas amoureux du risque, les américains. Un comble, quand on veut garder la musique méchante. Quatre coups de cymbales reconnaissables entre mille, et c’est Vacuum Boots qui prend la suite, un tube, encore une fois, exécuté presque sans erreur et qui pourtant ne décolle pas : ce n’est pas encore ce soir qu’Anton se vrillera les cordes vocales. On se demanderait même si la sueur a perlé à son front dans la soirée. Matt Hollywood et Joel Gion, un peu débonnaires, sourient devant l’enthousiasme d’un public jeune et agité à qui suffit le simili-playback auquel on assiste.

Des hymnes, le Brian Jonestown Massacre en a composés, et les aura tous, ou presque, joués ce soir là : Nevertheless, Servo, même leur farce Not If You Were The Last Dandy On Earth fera partie de la setlist. Qui accepterait de voir Courtney Taylor et sa bande quitter une scène sans Not If You Were The Last Junkie On Earth ? Il y a eu le traditionnel coup de sang, sur When The Joker Attacks, quand derrière les fûts, Allaire rate un temps et subit l’humiliation publique de Newcombe, de moins en moins crédible dans son rôle de génie tyrannique et qui quittera la scène avant la fin de la chanson pour être ramené par Matt et Joel, pas franchement à l’aise. Finalement, c’est vers la section rythmique, Dan Allaire à la batterie, Ricky Maymi à la 12-cordes et le bassiste Frankie Teardrop qu’il faut se tourner pour découvrir ceux qui s’investissent dans le concert. Au fond de la scène, Rob Campanella, assis au clavier, profite de la promenade de santé…

Alors allons-y, soyons francs : c’était bien. Deux heures de set bien remplies, uniquement interrompues par un bref sketch d’Anton alpagant un spectateur qui demandait I Can See et un show propre, des solos presque sans accrocs. On leur donnait une demi-heure de plus et le groupe finissait de jouer Tepid Peppermint Wonderland, leur Best-Of sorti en 2004, dans son intégralité. Ce soir, Anton carbure au Redbull et se fait des cheveux blancs, alors que Matt dispute à Joel sa bedaine. Les premières images de Dig! commencent en 1995. Quinze ans déjà, et ça se sent.

Setlist :

Super-Sonic

Vacuum Boots

Wasted

Got My Eye On You

Let Me Stand Next To Your Flower

Servo

Anemone

When Jokers Attack

Sailor

Here It Comes

B.S.A.

Hide & Seek

Jennifer

Wisdom

Nevertheless

Cabin Fever

Sue

Not If You Were The Last Dandy On Earth

Who ?

That Girl Suicide

Oh Lord

Satellite

http://www.myspace.com/brianjonestownmassacre

Texte et Photos : Jean-Philippe Régnier


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