Meet Blood Red Shoes

Avant leur concert au Nouveau Casino en avril dernier, rencontre avec deux jeunes anglais sûrs d’eux. Quelques semaines après la sortie de « Fire Like This », leur nouvel album plébiscité par la critique comme par le public, Steven Ansel et Laura-Mary Carter reviennent sur son enregistrement et l’état d’esprit dans lequel ils vivaient au retour d’une tournée qui les a emmenés pendant deux ans aux quatre coins du monde et leur a appris sur eux et leur musique.

Steve : Deux verres de château Le Cluzet s’il vous plait.

Vous parlez français ?

Steve : Oui, un peu. Juste assez pour commander un verre de vin, l’essentiel ! J’essaie.

C’est agréable, d’entendre des Anglais, parler un peu français.

Steve : Oui, on fait ça pour que les gens se rendent compte que nous ne sommes pas tous des abrutis finis ! (Rires)

Dans la vie quotidienne, vous n’avez pas l’air aussi énervés que dans vos chansons, finalement…

Steve : Sur scène, pourtant, c’est là où on se sent le plus « vrai ».

Laura : Mais on n’est pas méchant, dans la vie de tous les jours. Justement, on se réserve pour la scène.

Steve : Je pense qu’on fonctionne de la même façon qu’un type qui écrit beaucoup de chansons d’amour parce qu’il est incapable d’aimer correctement. Beaucoup de choses nous énervent au quotidien, on se sent parfois impuissants face à ça, donc on l’exprime dans notre musique. C’est la part en nous qui n’arrive pas à s’exprimer ailleurs, toutes nos émotions négatives. J’ai du mal à penser qu’on puisse être pareil dans sa musique et dans sa vie, au contraire, les deux sont complémentaires, donc assez différents, pour faire un tout qui est notre vie.

Toutes ces émotions négatives, justement, d’où viennent-elles, qu’est ce qui vous inspire : des situations, des anecdotes ?

Steve : Ca n’est pas si direct. Ca ne vient jamais de quelque chose de concret, c’est plutôt du ressenti. Les chansons naissent pendant un jam. Comme on est en duo, c’est assez facile, Laura joue, je réponds, et quand quelque chose nous plait et a la carrure d’une chanson, on explore. On ne peut pas parler vraiment d’inspiration donc, mais plus d’une alchimie entre nous, quand on joue. On commence une chanson, on la structure, ensuite les paroles viennent. C’est toujours très instinctif, ça sort de l’inconscient.

Les paroles viennent toujours après la musique ?

Steve : Oui, toujours la musique en premier, les parole ensuite.

Vous travaillez à partir de jams, et ça se sent dans votre musique, qui ne respecte pas tellement le schéma couplet/refrain et est plus souvent basée sur des riffs très efficaces, des couches de guitares qui se superposent…

Steve : En effet, on tourne souvent autour d’un riff que Laura trouve, la progression d’accord qui s’y rapporte, et les paroles ne viennent qu’habiller les riffs. On ne se dit pas « Tiens, ces accords là pour le couplet, ceux là pour le refrain… ». On trouve une mélodie assez heavy en général, et le morceau tourne autour de ça. C’est à ça qu’on est efficace.

Vous vous distinguez de la scène anglaise traditionnel par un son beaucoup plus heavy en effet, en rupture avec l’héritage Smiths, Oasis et aujourd’hui des groupes comme Arctic Monkeys…

Laura : Oui, on ne fait pas du tout partie du phénomène indie actuel, on n’a pas les mêmes références et on ne suit pas les mêmes directions musicales. La pop n’a pas vraiment bercé mon enfance, on vient du punk, du heavy.

Steve : Il y a cette tradition anglaise, de suivre les Beatles, puis d’avoir sa phase Smiths, de renier puis d’adore Oasis, de comparer les Clash et les Libertines. Il y a un vrai héritage, une filiation entre chaque groupe. La musique anglaise est lourde d’héritage. On se réfère plus à des groupes américains, donc on est un peu en rupture avec ce modèle, oui. Les Stooges, par exemple, Black Sabbath. Ca ne nous empêche pas d’avoir des références historiques anglaises, Led Zeppelin en premier, mais Led Zeppelin n’a pas grand chose à voir avec les Beatles et n’a pas enfanté les Smiths, ils étaient à côté. On voit ça comme ça. Des groupe au son plus heavy, plus sombre, avec plus de guitares, moins de blabla. On préfère les gros riffs puissants aux accords pour pousser la chansonnette. Quand tu écoutes Oasis, tu te demandes parfois s’il y a une guitare dans tout ça. Tout le monde fredonne les paroles, tout tourne autour de ça. Personne n’écoute Oasis en se disant « Wow, ça c’est du riff ! ». Les gens qui fredonnent Blood Red Shoes, si tant est qu’il y en ait, chantent nos riffs.

Laura : Et je me rends compte aujourd’hui que j’écoute toujours en premier un bon riff, une bonne guitare lead plutôt que le blabla du chanteur, quand j’écoute un morceau aujourd’hui. C’est inconscient, c’est vraiment notre manière de fonctionner. Quand j’écoute un groupe comme Hot Snakes, le riff fait la chanson. C’est ce qu’on essaie d’atteindre.

Steve : C’est beaucoup plus excitant, pour moi, que tout le story-telling habituel. Beaucoup plus intense. Ca touche à quelque chose de plus primaire que les paroles.

Ce qui explique pourquoi vous êtes de grands fans de Josh Homme…

Steve : Oui, Laura est presque une groupie. On aime beaucoup, car il pense à sa guitare avant de penser à sa voix.

Laura : Même si je suis une fan assez récente. J’écoutais un peu Kyuss quand j’étais jeune, mais je n’ai vraiment appréhendé les Queens Of The Stone Age que récemment. J’ai écouté beaucoup de choses différentes plus jeune.

Certains groupes dont tu aurais honte aujourd’hui ? Est-ce que tu as écouté les Spice Girls ?

Laura : (Rires) Oui, j’ai eu ma période. J’écoutais plutôt les boys bands, j’ai écouté Take That ! Je ne devrais peut-être pas dire ça…

Steve : J’aime bien me dire que j’ai écouté des groupes que je n’écouterais plus aujourd’hui, mais que sans eux, je n’en serais pas là aujourd’hui. Quand ils ont commencé à faire parler d’eux, j’ai vraiment été fan de Placebo… Et aujourd’hui, je ne peux vraiment plus les encadrer ! Mais à l’époque, quand j’écoutais Placebo, un ami m’a dit « Si tu aimes Placebo, tu devrais écouter Sonic Youth… ». On pourrait dire que ça n’a rien à voir, mais finalement…

Il y a une infime partie commune qui permet de passer de l’un à l’autre… et ainsi de suite…

Steve : Voilà ! Et heureusement, sinon je serais resté coincé à Placebo, dans une impasse ! Donc grâce à ça, j’arrive à ne pas avoir honte de ce que j’ai écouté, même si c’était des groupes vraiment nazes… (Rires)

Laura : J’ai même écouté Guns’n’Roses… Et je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter le dernier album… C’est dur, mais j’aime toujours Guns’n’Roses…

Parlons du fait d’être un duo. Est-ce que vous pouvez-nous confier les « dos and don’ts » ? « Démocratie » est un mot qui n’a pas cours dans un duo !

Steve : « Dos and don’ts… » Je pense que le plus gros problème quand on joue à deux, c’est que s’il y a désaccord, on est bloqué. Par exemple, quand on a fait l’album, on était très emballés par l’idée de le produire nous même, mais on s’est rendu compte qu’on ne pourrait pas faire sans une troisième personne. Sans ça, en cas de bagarre, ça n’aurait jamais fini ! Donc, soyez sûr d’avoir une troisième personne qui pourra trancher, ou vous êtes morts.

Laura : Don’t… Ne sortez pas ensemble.

Steve : C’est clair, ne sortez pas ensemble ! Déjà, on ne fera que vous demander si vous sortez ensemble…

Vous sortez ensemble ?

Steve : (Rires) Non… Et surtout, quand ça sera fini, et bien justement, ça sera fini !

Vous connaissez le duo John & Jehn ? Des Français installés à Londres…

Steve : Oui, j’ai les ai déjà entendus.

Au contraire, eux disent que leur couple nourrit leur musique.

Steve : Tant mieux pour eux, mais c’est un terrain très glissant… Ils sont complètement fous !

Laura : Je ne trouve pas que ça soit si fou…

Steve : Tu es celle qui disait que ça l’était !

Laura : Je pense que ça dépend de ce que tu veux que ta musique exprime, des sentiments que tu veux y mettre, de la manière dont tu veux vivre ta relation, qu’elle se mélange avec ta musique. Le problème, c’est ça, c’est qu’elles finissent par se confondre, et un jour, le couple se sépare, et le groupe se sépare en même temps.

Comment vous gérez le fait d’être toujours ensemble, comment vous vous protégez de l’overdose ?

Steve : On ne se protège pas !

Laura : On a des phases, parfois on ne peut plus se voir, et parfois, on sort ensemble le soir et on passe la journée ensemble en studio, et on part en tournée et on vit 24h/24 ensemble !

Steve : On a des hauts et des bas, ça se fait naturellement. On a parfois besoin de se donner de l’espace, et à d’autres moments, on ne peut plus se passer l’un de l’autre. Ca fait six ans qu’on joue ensemble maintenant, on commence à se connaître, à savoir quand l’un a besoin de l’autre ou au contraire a besoin d’air. Laura est facile à connaître : quand elle va mal, elle t’engueule.

Laura : Dans l’ensemble, on se supporte très bien. On a même vécu ensemble.

Steve : Trois ans.

Laura : Maintenant qu’on vit chacun de notre côté, c’est même plutôt agréable, de se retrouver coincé ensemble en tournée.

Steve : Ca ne va pas servir notre santé mentale ! (Rires)

Comment vous êtes vous rencontrés, et comment en être vous venus à jouer ensemble ?

Steve : Laura jouait dans un groupe de punk à Londres, et la scène punk n’est plus si développée en Angleterre, tout le monde se connaît.

Laura : Non, par rapport à ce qu’elle a pu être, c’est tout petit maintenant…

Steve : Moi je jouais à Brighton, on a joué un soir ensemble, on a discuté, on s’est dit qu’on devrait essayer de jouer ensemble mais on ne l’a jamais vraiment fait jusqu’au jour où nos groupes respectifs se sont séparés. Elle m’a envoyé un e-mail en disant qu’il fallait s’y mettre, cette fois, et ça a bien marché, on a vraiment aimé et voilà, on avait Blood Red Shoes.

Laura : Ca a vraiment été très vite à partir de ce moment là. On n’était même pas encore amis. On a appris à se connaître en jouant ensemble.

Steve : C’était même bizarre au début, Laura et moi sommes très différents. On se connaît depuis si longtemps maintenant, je ne me sens plus si différent maintenant, mais on l’est, crois-moi !

Laura : Oh oui…

Steve : Dire qu’on forme un groupe… (Rires)

La première fois que je vous ai vus, c’était il y a deux ans, vous ouvriez pour Comanechi, dans une petite salle du Nord…

Steve : Ah oui, je me souviens très bien ! Le Grand Mix ! Tourcoing ! C’était super…

Oui, une bonne soirée, quatre bons groupes.

Steve : Tu sais que la fille de Comanechi est maintenant batteuse pour The Big Pink ?

Vraiment, ceux qui chantent Dominos ?

Laura : Oui, elles jouent de la batterie pour eux…

Steve : Comanechi était tellement meilleur…

Laura : En plus, elle ne joue pas tant que ça, tout est samplé… Ca craint…

Donc, six mois plus tard, c’était Rage Against The Machine, devant des milliers de personnes, ce soir le concert est complet depuis des semaines, les gens vous attendent vraiment… Comment vous avez vécu ces deux années ?

Laura : Déjà, on joue mieux.

Steve : C’est clair, on joue beaucoup mieux ! Et on écrit de meilleures chansons.

Laura : On est plus confiants, on a l’impression de maîtriser plus ce que l’on fait. On a tellement tourné…

Steve : Aux Etats-Unis, au Japon, à Hong-Kong, ça paraît fou… On a vu « le monde extérieur », on a appris beaucoup sur la vie, les gens, et ça s’entend dans notre musique. Le premier album était celui d’un groupe qui voyageait entre Londres et Brighton. Maintenant, on peut parler de ce que c’est, de voir le monde, de voir notre public. Finalement, ça nous désoriente, aussi.

Laura : Ca nous a appris qui on était, le sens que ça avait de jouer dans un groupe, d’être à deux, de faire de la musique. Tout ça, on ne peut pas connaître avant d’avoir un album sorti et de tourner, longtemps. C’est là qu’on apprend réellement ce que c’est, que de faire de la musique, plus que dans la réalisation d’un premier album. Tout le monde peut le faire, ça.

Steve : Il y a a deux ans, on était vraiment des gamins. Maintenant, on est des ados. (Rires)

Est-ce que vous pensez plus à votre public, maintenant que vous le connaissez ? Quand vous écrivez une chanson par exemple ?

Laura : Pas quand on écrit, non. Parce qu’on improvise beaucoup.

Steve : Peut-être un peu quand on enregistre.

Laura : Quand l’album est fini, surtout. L’appréhension de le sortir !

Steve : Mais on ne se dit pas, quand on fait l’album « Faisons ça de telle manière, car les gens vont aimer ! ». A la limite, ça a une influence sur l’ordre des chansons. On essaie de penser à la façon dont une personne va ressentir l’album en l’écoutant, il faut voir ça comme un trajet, pas un enchaînement de chansons déconnectés. Donc c’est comme un car de touristes, il faut penser à ce qu’on veut leur montrer de nous.

Mais les monuments n’ont pas été érigés pour les touristes, c’est le trajet du car qui s’adapte…

Steve : Voilà ! C’est vraiment différent d’enregistrer une chanson pour soi, comme un premier album, et d’enregistrer une chanson en sachant que des gens vont l’écouter, parce que le premier album a été écouté ! Tu as un peu le pouvoir, tu décides de ce que les gens vont ressentir, des émotions que tu vas susciter. J’attache beaucoup d’importance à l’ordre des chansons.

Laura : Tu imposes aux gens d’écouter l’album comme tu voudrais qu’ils l’écoutent.

Quel est votre premier public, quand vous terminez un enregistrement ?

Steve : Notre manager.

Laura : Nos amis proches, ensuite.

Steve : J’ai toujours peur de le faire écouter à ma maman… Je lui ai donné une copie de Fire Like This, mais je n’ai jamais osé lui faire écouter. Je pense qu’elle l’a fait…

Laura : Moi je lui ai fait écouter.

Steve : Pour notre premier album, c’était différent, quand j’en ai eu une version finale, je l’ai fait écouter à tout le monde, littéralement tout le monde. J’avais besoin de savoir ce que les gens en pensaient. Pour le nouveau, c’était différent, j’avais plus confiance en nous, j’étais plus du genre « Il est bon, donc faisons un peu patienter les gens jusqu’à la sortie et que tout le monde se dise « Wow » !

Qu’est ce que tu peux dire au sujet d’être une fille, dans l’industrie de la musique ?

Laura : Je ne sais pas si je peux dire qu’on a droit à un traitement spécial, mais on est traitées différemment, oui. Je ne sais pas pourquoi, mais les mecs ne se sont pas encore remis de voir une fille jouer de la guitare électrique. Tout le monde trouve ça super sexy. Quand on a ouvert pour Rage Against The Machine, on n’était pas encore très connus et tout le monde était là « Qui c’est cette minette qui joue si fort ? Qui c’est cette nana qui joue comme un mec ? » et en même temps, je suis toujours critiquée sur la simplicité de mon jeu, sur le fait que mes lignes sont basiques, qu’elles n’ont rien de spécial, que je ne joue pas de solos super complexes et que mon son est très brut.

Steve : Ils parlent surtout plus de ton look plus que de ta putain de guitare…

Laura : Ouais… C’est très frustrant, ça me plombe vraiment le moral parfois…

Steve : Une fille qui joue de la pop, ça ne choque personne, mais une fille qui joue du rock, tout à coup, se fait chambouler, parce qu’il faut être un mec pour jouer du rock, du heavy. Ils se disent que si une fille joue ça, ça doit forcément être facile.

Laura : Ils disent que c’est facile, mais j’aimerais les y voir, jouer mes parties, chanter et être seuls avec le batteur sur scène. C’est pas comme si on pouvait se dissimuler, il y a beaucoup à assumer.

Steve : C’est quoi les groupes à guitares du moment ? Franz Ferdinand, les parties de guitares ne sont pas vraiment compliquées non plus, et paradoxalement, tout le monde crie au génie, pour cette simplicité, cette efficacité retrouvée !

Laura : Arctic Monkeys, c’est super simple. Tout se joue sur les deux premières cordes. Tout le monde me reproche de ne pas jouer des parties complexes, honnêtement, ça n’est pas le but, je n’ai jamais essayé et n’ai jamais prétendu réinventer la musique. Ca me fout en l’air, de ne pas être jugée sur un pied d’égalité, sur les mêmes critères. Et encore, ça, c’est quand on parle de mon jeu, ce qui n’est déjà pas très courant…

Steve : Il arrive que des groupes soient classés dans un genre avant même qu’ils jouent une note, juste sur leur look, et on fait un peu partie de ceux-là, à cause du regard que portent les gens sur Laura.

Laura : Ca arrive beaucoup plus souvent aux femmes qu’aux hommes…

Steve : Oui, à cause de gens comme Madonna, qui ont utilisé leur look et leur physique pour faire la promotion de leur musique. Maintenant, même quand on essaie de contourner ça, c’est vu comme une façon de travailler son look !

Laura : Ca m’énerve tellement… C’est tellement facile…

Steve : On n’y coupe jamais, quelque soit la review, ça dit toujours « Steve est un bon batteur, Laura est vraiment sexy. », quand tu regardes les vidéos sur Youtube, ça tourne autour de « Quel canon ! » ou « Hé, poupée ! ». Les gens commentent ma façon de jouer et sa façon de s’habiller.

Laura : J’aimerais vraiment que les gens s’attachent plus à ce que je joue, mon son… Ca fait six ans que ça dure, c’est très frustrant. Mais je rencontre aussi quelques filles qui disent qu’elles se sont mises à la guitare grâce à moi, ce genre d’histoires, donc je garde le moral ! Ca, ça me donne vraiment envie d’avancer !

Parlons un peu de ton jeu alors, justement : comment reproduis-tu en live les multiples couches de guitare de l’album. Tu utilises des boucles, sur Sulphites par exemple ?

Laura : On ne joue pas cette chanson sur scène ! Pour l’album, on a juste doublé les guitares, une par une. Après, justement, j’ai une façon de jouer qui mélange les accords, je joue un riff pendant qu’une basse continue la mélodie, donc on dirait qu’il y a plusieurs guitares, mais je suis seule. Comme quoi, tout n’est pas si simple et évident !

Steve : J’ai aussi un sampler que je déclenche à la batterie, pour certaines nappes.

Laura : Oui, sur When We Wake par exemple, il y a un bourdon pendant toute la chanson, il est pré-enregistré et c’est Steve qui le lance. On fait ça uniquement quand on ne peut pas faire autrement, le but est d’être le plus dépouillés possible, de jouer tout ce qui s’entend, c’est une façon de jouer sans filet qui nous plait. Sulphites est sortie d’un jam, on ne fait pas ça habituellement, empiler tant de guitare, mais c’était la fin de l’enregistrement, on s’amusait, et on s’est dit que ça sonnait plutôt bien !

Steve : Quand on est parti dans cette voie, on savait qu’on ne pourrait de toute façon plus la jouer en live, donc on a poussé le jeu le plus loin possible et on s’est vraiment amusé parce qu’on n’avait jamais fait ça avant, Laura a enregistré des dizaines de guitares qui pouvaient se mélanger sur ce morceau !

Pour remplir l’espace, ton son doit être très dense. Toujours fidèle à 3 corps Marshall ?

Laura : Oui, évidemment ! Pour le fun, j’ai ajouté un petit Fender Champ à côté, les nouveaux 5w.

Steve : Il parait vraiment minuscule à côté… C’est une combinaison assez amusante, le son très lourd, très gras du Marshall et les claquements très secs du Fender.

Laura : Je ne joue pas beaucoup sur les effets, j’ai une distorsion, même si l’ampli est déjà poussé très fort, et un delay. Je suis passé à une gamme supérieure pour cet album, c’est un régal d’avoir les moyens d’améliorer son équipement !

Steve : Le son a vraiment pris en puissance depuis un an, c’est vraiment cool.

Ce soir, vous échangez les rôles à nouveau ? C’est un de vos petits jeux en tournée…

Laura : Je ne sais pas, on verra…

Steve : C’est vrai qu’on avait fait ça la dernière fois qu’on avait joué à Paris. C’était assez marrant, cette chanson un peu surf… Ca changeait !

Une dernière question, à propos de vos clips. Ils sont toujours très travaillés, un peu arty, à l’image de I Wish I Was Someone Better ou It’s Getting Boring By The Sea. Vous êtes attachés à la qualité des clips ?

Laura : Je préfère nos derniers clips, qui sont des performances filmées. Les clips dont tu parles n’étaient pas vraiment nos idées.

Steve : Je ne les aime pas trop, personnellement.

Laura : On n’est pas tellement dans le trip « clips » finalement, je n’ai pas beaucoup vu de clips dans ma vie, je ne regarde jamais MTV…

Steve : Je dois connaître vingt ou trente clips peut-être…

Laura : On s’est quand même rendu compte que si on s’attachait à faire des clips de qualité, ça pouvait vraiment nous servir, faire parler de nous. C’est venu au fur et à mesure, ça n’était pas le but au départ. Certaines personnes se souviennent de nous grâce aux clips, ont parlé de nous pour nos clips, donc on s’implique plus dans le processus maintenant qu’on a compris ça.

http://www.myspace.com/bloodredshoes

Propos recueillis par Jean-Philippe Régnier

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