Micah P. Hinson, The Leisure Society @ Flèche d’Or – 26/05/2010

La Flèche d’Or ouvrait le 26 mai dernier ses portes au label londonien Full Time Hobby, répondant à l’invitation des Inrockuptibles. Il en profitait pour fêter une année 2010 qui commence sur les chapeaux de roue avec « Micah P. Hinson and the Pioneer Saboteurs », nouvel album du texan, entre Dylan et country, et « …And We Saw Land » qui confirme le talent de Tungg pour écrire une pop délicate et riche. Pour l’occasion, le premier nous offrait un set dans la plus pure tradition folk, à grand renfort d’anecdotes et d’improvisation, tandis que le second clôturait la soirée derrière les platines. Pour ouvrir la soirée, autre signature remarquable, The Leisure Society, pendant anglais de Fleet Foxes, harmonies et arpèges acoustiques à la clé.



The Leisure Society


Rien que par leur nom, The Leisure Society nous invitent à l’oisiveté, à une longue balade au fil de l’eau sur un canal de la campagne anglaise. C’est la musique du printemps qui revient, du soleil qui fait fondre les dernières neiges et des jardins qui retrouvent leurs couleurs. Sur scène, tout se fait en sourires et bonne humeur. Les voix se mêlent en harmonies entrainantes, délicatement habillées par un violon ou une flûte traversière dont les mélodies empruntent autant au Beatles qu’au folklore irlandais, comme sur « A Matter Of Team ». Nick Hemming à la guitare s’épand entre arpèges au crunch chaleureux et picking enjoué, Christian Hardy répond au piano et compense la timidité de son comparse par quelques blagues revanchardes après leur défaite face à Lily Allen aux Ivor Novello Awards. « We Were Wasted » illustre d’après eux la nuit qui l’a suivie : pour nous, c’est l’occasion d’entendre que le groupe se débrouille aussi bien sur des balades intimistes que sur la mécanique pop huilée de « Save It For Someone Who Cares ». The Leisure Society travaillent déjà sur le successeur de The Sleeper et les quelques nouveaux titres entendus ce soir, comme « Into The Murky Waters » ne rendent l’attente que plus excitante.

http://www.myspace.com/theleisuresociety

Micah P. Hinson

Quasi inconnu en France, Micah Paul Hinson a déjà sorti en l’espace de 6 ans quatre albums sur lequel ce texan fait honneur à ses références, de Dylan à Leonard Cohen, oscillant entre un folk dépouillé et une pop riche en arrangements rappelant Jeff Buckley. Ce soir, il jouait pour nous un set acoustique, armé de sa seule guitare, frappée du « This Machine Kills Fascists » de Woody Guthrie. Complètement innattendu, il a captivé l’attention de toute la Flèche d’Or en offrant une prestation intense, sincère et sensible. Qu’il nous raconte l’histoire d’un catcheur raté ou comment son grand-père l’a repris en main « bien qu’il fut un salaud fini ! », Hinson touche au coeur avec sa voix nasillarde et des compositions qui frappent juste, comme la géniale « 2’s and 3’s », à l’apparente simplicité et dont la force se révèle dans ses dernières minutes. L’attitude désinvolte du premier abord s’évanouit au fil des chansons et des anecdotes et on finit par découvrir une fragilité touchante. Petite frappe durant sa jeunesse, le chanteur a peu à peu remonté la pente, pourtant le récit de sa rédemption ne transpire d’aucune morale mal placée. Au contraire, il fait mouche grâce à une autodérision bien sentie, qu’il nourrit de ses origines texanes ou de ses difficultés à arrêter de fumer malgré son inhalateur à nicotine.

Parfois, il commence une chanson sans la finir, une autre il répond à une fan qui demande « Close Your Eyes » en improvisant une version acoustique de la chanson, bijou richement arrangé qui ouvre son premier album Micah P. Hinson And The Gospel Of Progress. Les chansons s’enchainent, la formule ne change pas, jamais Hinson ne lache sa guitare, jamais il ne se prête au jeu des percussions ou des loops. Il habille parfois le son brillant de quelques effets mais c’est sa voix et son charisme qui occupent seuls l’espace pendant plus d’une heure et ne nous laissent pas retoucher le sol une seule seconde. Quand le chanteurs, un peu gauche, fini par s’effacer en coulisse, le public réalise la rareté du spectacle auquel il vient d’assister. Le temps est suspendu quelques précieuses minutes de plus pour un rappel dont tout le monde veut profiter tant que l’occasion est à portée. Des moments comme ceux là ne se présentent pas toutes les semaines.


http://www.myspace.com/micahphinson

Textes et Photos : Jean-Philippe Régnier

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s